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  • Front Républicain Citoyen

Pour le respect de l’ordre démocratique et la sauvegarde de la stabilité politique en Guinée

Avec une richesse nationale (PIB) de seulement 11 milliards de dollars us, réalisée essentiellement sur l’exploitation minière, un déficit extérieur de -2.6 millions usd et un taux d’employabilité que tout le monde connaît, la Guinée est confrontée à un défi majeur, celui de son développement économique et social. Or pour relever ce défi, la Guinée se doit d’être un État démocratique et stable, débarrassé de tout conflit interne. Un État de droit au sein duquel seront consacrés et ancrés le respect de la volonté populaire, le respect des libertés fondamentales, la justice sociale et la bonne gouvernance,, mais également l’alternance démocratique. Par ailleurs, pour être forte et retrouver sa place de premier rang en Afrique et s’affirmer à l’international, elle doit de façon durable, être stable. Car seule une Guinée totalement apaisée et stable sur le plan institutionnel et politique peut disposer suffisamment de marge pour sauvegarder sa souveraineté, défendre ses intérêts et ceux de l’Afrique (son devoir historique).

Or, depuis les années 2000, notre pays fonctionne en dents de scie, asphyxié par une série interminable de crises politiques. Le pouvoir absolu corrompu nous a plongé dans une série de crises à répétitions. Le système démocratique, non seulement ne nous correspond pas, mais se trouve constamment tronqué par la classe dirigeante pour permettre au monarque du jour de s’éterniser au pouvoir. Hier c’était le Général Conté, aujourd’hui c’est le Président Alpha Condé qui ambitionne une carrière de dictateur à vie. Il s’est ancré dans notre pays une culture de monarchisation du pouvoir. Le prince, une fois élu, devient un monarque despote qui trahit le citoyen électeur, parjure son serment et engage le pays dans une illégalité totale, ouvrant la voie à un putsch militaire.

Aujourd’hui comme hier, la légalité démocratique est encore en péril dans notre pays. Le référendum du 22 mars 2020 ayant été engagé sans base légale, toute institution ou tout élu issu(e) de ce référendum, est illégal(e). Qu’on ne s’y trompe même pas, l’assemblée nationale est illégale et à partir du 18 octobre la fonction présidentielle le sera également. L’organisation du scrutin n’y changera rien, d’autant plus que cette dernière s’opère sur la base juridique de la constitution de 2010, et non celle du 22 mars 2020. Il faut rappeler que c’est la constitution de 2010 qui avait prévu les élections à cette date. Et c’est encore cette constitution qui proscrit en toute circonstance, la candidature du président Alpha. Quant à la constitution du 22 mars 2020, ayant été engagée sans base légale, tout acte qui en émanerait sera illégal. Qu’importe celui ou celle qui sera élu(e) à l’issue de cette consultation, la personne serait mal élue et incarnerait une fonction illégale et illégitime. Désormais l’illégalité s’étend à Elhadj Cellou Dalein Diallo, à Dr Ousmane Kaba... pour avoir choisi en toute conscience, de participer à la violation de la constitution. Leur participation ne saurait en aucun cas légitimer un processus préalablement illégal. C’est donc toute la classe politique élue qui se trouve dans l’illégalité depuis 2018. Quelle alternative donc pour le retour à l’ordre démocratique ?

Nous Guinéens, en raison de notre long processus de démocratisation, avons toutes les raisons de vouloir et réclamer aujourd'hui le respect de l’ordre démocratique. Rares sont sur le continent, les peuples qui ont tant sacrifié pour l’idéal démocratique. Cette jeune démocratie en construction est le résultat de notre combat. Il nous revient donc de l'entretenir, mais aussi de l'améliorer. Oui ! L’améliorer ! Parce que le modèle démocratique imposé au sommet de la Baule en 1990 ne nous correspond pas en tant que Nation. Ici comme partout en Afrique, les crises démocratiques se manifestent sous le prisme identitaire, parce que le multipartisme intégral dans des États multinationaux, ne fait qu’exacerber le réflexe identitaire. Ne parlons même pas des alliances contre-natures qui affaiblissent l’appareil de l’État. Ne parlons pas de la fragilité des institutions... Au lieu d’être une alternative au système de parti unique en Afrique, le multipartisme s’est révélé être un piège à la stabilité politique des États Africains. Il nous revient donc de réfléchir et produire un système démocratique conforme à notre modèle de société. Un système qui implique la participation des masses depuis la base, et empêche la monarchisation au sommet de l’État. Parce que la voix du peuple souverain reste la seule source de droit et de légitimité.

Le Front Républicain, fidèle à ses convictions républicaines propose un consensus national pour le retour à l’ordre démocratique. Un dialogue inclusif qui aboutira à l’émergence d’un nouvel ordre démocratique fondé sur nos valeurs culturelles africaines, mais aussi sur la préservation des libertés individuelles et collectives. Ce rendez-vous sera une occasion de refondation des institutions de la République et de légitimation de ce régime d'exception dans lequel nous sommes plongés depuis 2018.

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