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  • Front Républicain Citoyen

Mugabé le rebelle

Mis à jour : avr. 16

Tout militant de la résistance Africaine, tout sympathisant sincère de la liberté et de l'égalité des peuples, est aujourd'hui ému par la disparition du dernier des "Mohicans", Robert Mugabé. Il était le dernier en vie de la première génération de résistants Africains. Ceux qui ont combattu et vaincu l'empire colonial européen en Afrique. Ce n'est peut-être pas le lieu d'épiloguer sur les indépendances Africaines:celles arrachées aux moyens de luttes de libération et ces pseudo-indépendances de 1960. C'est plutôt le lieu de méditer sur le sens de la lutte des devanciers, sur leurs actifs et passifs afin d'en tirer d'utiles enseignements.

La mort de Mugabé au moment même où des violences xénophobes inter-africaines se déroulent en Afrique du Sud, nous rappelle ses critiques et ses mises en garde contre l'attitude des chefs et tribus inkhata peu favorables à l'intégration africaine en Afrique du Sud, et contre le laxisme de l'ANC. Pourtant Mugabé comme Mandela, avait engagé des luttes pour l'abolition de l'apartheid politique, économique et foncier dans leurs pays respectifs. Mugabé comme Mandela et plus largement Winnie, a connu la lutte armée pour faire plier les régimes apartheids de l'Afrique du Sud et de la Rhodésie. Mais à la différence de Mandela, il a lui, réussi totalement son combat avant de partir. En laissant derrière lui, un pays libéré de la domination et de la contrainte étrangères, une société ethniquement égalitaire, une redistribution équitable des richesses. Ce qui lui a valu des embargos et boycotts économiques et ce lynchage médiatique par la presse néocoloniale, parce que justement, l'occident ne lui a pas pardonné d'avoir guérit le Zimbabwe du syndrome du suprématisme blanc.


Quant à Mandela, l'abolition de l'apartheid politique sans avoir intégré l'aspect économique et foncier, a aboutit à la concentration de plus de 80% des richesses dans les mains de l'ultra-minorité blanche et la naissance d'une bourgeoisie noire complice de l'exploitation et de la manipulation des masses sud-africaines. Ces disparités se font sentir au sein même de l'ANC où se mène une lutte entre partisans du statu quo post-apartheid actuel et partisans du prolongement des réformes anti-apartheid (sociales, agraires et économiques). Ses choix ont permis à l'Afrique du Sud de maintenir son rang de deuxième PIB du continent. Mais cette croissance reste marginale (ne profite pas aux masses) puisque plus de 40% de la population noire vit dans la misère totale.

Donc rendre hommage à Mugabé, c'est saluer la mémoire d'un libérateur et d'un Africain digne. Son mérite aura été d'avoir vaincu le colonialisme britannique et de prévenir le Zimbabwe de l'impérialisme chinois, contrairement à d'autres pays, comme la Zambie et le Kenya dont la souveraineté est en train peu à peu d'être compromise. Son mérite aura été de penser le développement en tant que processus autocentré visant le progrès social et non en tant que facteur de maximisation de profit pour une minorité. Mugabé restera une icône du panafricanisme et un modèle de leadership dont l'Afrique a besoin, dans ce monde de force brute. Puisse t'il reposer en paix!


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